Le 21 avril marquait, conformément au calendrier hébraïque, la date annuelle de Yom HaShoah, la journée en souvenir des six millions de Juifs déportés. La date correspond au jour de la révolte du ghetto de Varsovie, en 1943.
Vivre cette journée en France ou en Israël est quelque chose de très différent. D'un coup j'ai compris ce que voulait dire le devoir de mémoire et la fierté d'être là.
j'ai pu assister à une cérémonie en la mémoire des déportés juifs de France, voici l'article publié sur Guysen à ce sujet.
http://www.guysen.com/articles.php?sid=9667
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Mardi 21 avril, sous la haute présidence de Monsieur Serge Klarsfeld son président, l’association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France, a organisé une cérémonie à Roglit, mémorial de la déportation des Juifs de France en Israël.Organisée par Valérie Shapira au nom des fils et filles de déportés, il s’agissait de la première cérémonie de ce type depuis deux ans. Détails.
A 10h00, comme dans l’ensemble du pays, la sirène du souvenir a retenti. A cet instant précis, tous les Israéliens se sont figés durant deux minutes. Les voitures se sont arrêtées, les automobilistes ont quitté leurs véhicules, en plein milieu de l’autoroute ou en ville, chacun s’est tu pour se souvenir de la mémoire de ses six millions de frères morts durant la Shoah.
Après quoi, plus de 400 personnes réunies dans la forêt de Beit Shemesh ont pris place. Premier orateur à prendre la parole : son Excellence Jean Michel Casa, ambassadeur de France en Israël.
Ce dernier a tenu à souligner l’effort constant du gouvernement français en faveur du travail de mémoire.
Rappelant certaines dates historiques comme le discours de Jacques Chirac en 1995 au mémorial du Vel d’Hiv à Paris, J.M. Casa a noté la responsabilité morale de l’Etat français envers les familles de déportés.
Au terme de son discours, a été interprété le Chant des Marais dont les paroles prennent une dimension toute particulière lorsqu’elles sont chantés sur les collines de l’Etat juif.
« Et du sang, des cris, des larmes. La mort pour celui qui fuit.
Mais un jour dans notre vie ; Le printemps refleurira ; Libre enfin, ô ma patrie ; Je dirai tu es à moi.
O, terre d’allégresse ;Où nous pourrons sans cesse aimer », dit la chanson.
Jacqueline Rebibo et l’une de ses petites filles ont ensuite pris la parole pour lire le témoignage d’un Juste parmi les nation, un Français qui, au péril de sa vie, a sauvé la vie de Juifs. Sa seconde petite fille, âgée de 10 ans, n’a pas réussi à sécher ses larmes pour le lire le texte.
Puis le micro a été passé entre les mains d’un rabbin de Tel-Aviv qui avait fait le déplacement pour lire des Psaumes et le textes ‘Ani Maamin’, ‘Yzkor’ et ‘El Male Rahamim’ afin de bénir la mémoire des victimes juives de la Shoah et d’entretenir leur mémoire.
Arno Klarsfeld, était lui aussi présent. Dans son discours, il a annoncé que son père poursuivait son travail visant à donner un nom à chaque déporté de France afin que les identités remplacent les nombre. Selon lui, Serge Klarsfeld aura bientôt achevé cette honorable mission.
Point d’orgue de la commémoration : le discours de Robert Spira, père de la maitresse de cérémonie. A ses côtés se trouvait son petit fils, Eliel Spira, soldat de Tsahal en uniforme et kippa sur la tête qui écoutait en silence.
Robert Spira a indiqué combien la présence d’Eliel en tenue de l’armée israélienne était lourde de symboles.
En effet, Robert Spira a perdu son père pendant la Shoah. Jusqu’en 1978, année durant laquelle Serge Klarsfeld a publié la liste des déportés de France, il ne savait pas ce qu’il était advenu de son père.
« Serge Klarsfeld pensait qu’en m’annonçant la mort de mon père il ferait de moi un orphelin, en réalité, j’ose te le dire aujourd’hui, tu m’as rendu mon père », a-t-il expliqué.
La gorge nouée par les larmes, il a pris la main de son petit fils et expliqué son émotion de voir, face au mur où est inscrit le nom de son père, son petit fils en uniforme.
« Mon père devait penser qu’un jour il n’y aurait plus de Juif sur terre, aujourd’hui mon petit fils, est là, en soldat qui a prêté serment à son Etat devant le Mur des lamentations ».
« Peut-être qu’aux yeux de certains nous sommes fiers ou arrogants mais nous n’avions rien d’autre pour nous défendre. L’histoire nous a montré que nous devions ne faire confiance qu’à nous même pour survivre. Au moment où on n’hésite pas à inviter le président iranien à l’ONU, je suis fier de voir que nous pouvons quitter notre condition de Juif errant pour devenir Israéliens », a-t-il ajouté.
Comme le veut la tradition, la flamme du souvenir a enfin été rallumée. Devant les drapeaux français et israéliens, tenue conjointement par Arno Klarsfeld, Eliel Spira et deux petites filles de déportés, les photographes n’ont pas manqué d’immortaliser l’instant.
Enfin, en chœur l’assemblée a entonné la Marseillaise et l’Hatikva, l’hymne national israélienne. Tout un symbole à moins de trente kilomètres de Jérusalem.


