Temps passé en Israël

mardi 21 avril 2009

Vivre Yom HaShoah, la journée annuelle de la Shoah, en Israël

Le 21 avril marquait, conformément au calendrier hébraïque, la date annuelle de Yom HaShoah, la journée en souvenir des six millions de Juifs déportés. La date correspond au jour de la révolte du ghetto de Varsovie, en 1943.

Vivre cette journée en France ou en Israël est quelque chose de très différent. D'un coup j'ai compris ce que voulait dire le devoir de mémoire et la fierté d'être là.

j'ai pu assister à une cérémonie en la mémoire des déportés juifs de France, voici l'article publié sur Guysen à ce sujet.

http://www.guysen.com/articles.php?sid=9667

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Mardi 21 avril, sous la haute présidence de Monsieur Serge Klarsfeld son président, l’association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France, a organisé une cérémonie à Roglit, mémorial de la déportation des Juifs de France en Israël.Organisée par Valérie Shapira au nom des fils et filles de déportés, il s’agissait de la première cérémonie de ce type depuis deux ans. Détails.

A 10h00, comme dans l’ensemble du pays, la sirène du souvenir a retenti. A cet instant précis, tous les Israéliens se sont figés durant deux minutes. Les voitures se sont arrêtées, les automobilistes ont quitté leurs véhicules, en plein milieu de l’autoroute ou en ville, chacun s’est tu pour se souvenir de la mémoire de ses six millions de frères morts durant la Shoah.



Après quoi, plus de 400 personnes réunies dans la forêt de Beit Shemesh ont pris place. Premier orateur à prendre la parole : son Excellence Jean Michel Casa, ambassadeur de France en Israël.

Ce dernier a tenu à souligner l’effort constant du gouvernement français en faveur du travail de mémoire.

Rappelant certaines dates historiques comme le discours de Jacques Chirac en 1995 au mémorial du Vel d’Hiv à Paris, J.M. Casa a noté la responsabilité morale de l’Etat français envers les familles de déportés.


Au terme de son discours, a été interprété le Chant des Marais dont les paroles prennent une dimension toute particulière lorsqu’elles sont chantés sur les collines de l’Etat juif.

« Et du sang, des cris, des larmes. La mort pour celui qui fuit.

Mais un jour dans notre vie ; Le printemps refleurira ; Libre enfin, ô ma patrie ; Je dirai tu es à moi.

O, terre d’allégresse ;Où nous pourrons sans cesse aimer », dit la chanson.

Jacqueline Rebibo et l’une de ses petites filles ont ensuite pris la parole pour lire le témoignage d’un Juste parmi les nation, un Français qui, au péril de sa vie, a sauvé la vie de Juifs. Sa seconde petite fille, âgée de 10 ans, n’a pas réussi à sécher ses larmes pour le lire le texte.

Puis le micro a été passé entre les mains d’un rabbin de Tel-Aviv qui avait fait le déplacement pour lire des Psaumes et le textes ‘Ani Maamin’, ‘Yzkor’ et ‘El Male Rahamim’ afin de bénir la mémoire des victimes juives de la Shoah et d’entretenir leur mémoire.

Arno Klarsfeld, était lui aussi présent. Dans son discours, il a annoncé que son père poursuivait son travail visant à donner un nom à chaque déporté de France afin que les identités remplacent les nombre. Selon lui, Serge Klarsfeld aura bientôt achevé cette honorable mission.

Point d’orgue de la commémoration : le discours de Robert Spira, père de la maitresse de cérémonie. A ses côtés se trouvait son petit fils, Eliel Spira, soldat de Tsahal en uniforme et kippa sur la tête qui écoutait en silence.

Robert Spira a indiqué combien la présence d’Eliel en tenue de l’armée israélienne était lourde de symboles.

En effet, Robert Spira a perdu son père pendant la Shoah. Jusqu’en 1978, année durant laquelle Serge Klarsfeld a publié la liste des déportés de France, il ne savait pas ce qu’il était advenu de son père.

« Serge Klarsfeld pensait qu’en m’annonçant la mort de mon père il ferait de moi un orphelin, en réalité, j’ose te le dire aujourd’hui, tu m’as rendu mon père », a-t-il expliqué.

La gorge nouée par les larmes, il a pris la main de son petit fils et expliqué son émotion de voir, face au mur où est inscrit le nom de son père, son petit fils en uniforme.


« Mon père devait penser qu’un jour il n’y aurait plus de Juif sur terre, aujourd’hui mon petit fils, est là, en soldat qui a prêté serment à son Etat devant le Mur des lamentations ».

« Peut-être qu’aux yeux de certains nous sommes fiers ou arrogants mais nous n’avions rien d’autre pour nous défendre. L’histoire nous a montré que nous devions ne faire confiance qu’à nous même pour survivre. Au moment où on n’hésite pas à inviter le président iranien à l’ONU, je suis fier de voir que nous pouvons quitter notre condition de Juif errant pour devenir Israéliens », a-t-il ajouté.

Comme le veut la tradition, la flamme du souvenir a enfin été rallumée. Devant les drapeaux français et israéliens, tenue conjointement par Arno Klarsfeld, Eliel Spira et deux petites filles de déportés, les photographes n’ont pas manqué d’immortaliser l’instant.


Enfin, en chœur l’assemblée a entonné la Marseillaise et l’Hatikva, l’hymne national israélienne. Tout un symbole à moins de trente kilomètres de Jérusalem.


dimanche 12 avril 2009

Tel-Aviv : Vidéo de la fête des 100 ans

dimanche 5 avril 2009

Tel-Aviv 100 ans, Tel Aviv je t'aime

Avril 2009, la première ville juive de l’ère moderne fête son centenaire. Pour l’occasion, des dizaines de festivités ont été programmées, des millions de shekels ont été dépensés.

Samedi 4 avril avait lieu la fête de lancement. Sur la place Rabin, habituée aux manifestations politiques, 250 000 personnes s’étaient réunies pour célébrer cet anniversaire.

Extraordinaire ! Complètement fou. Je ne trouve même pas les mots pour décrire cette soirée. D'abord l'orchestre philharmonique d'Israël qui ouvre par quelques morceaux de musiques classiques, puis le maire donne le coup d'envoi des festivités avec une torche qui enflamme toute la scène sur une trentaine de mètres. Partout des jets de flammes et d'étincelles.


Depuis le toit de l'immeuble de la mairie, des feux d'artifices dans tous les sens. Puis le show commence, chaque scène représente un passage de l'histoire, un aspect de Tel-Aviv. C'était incroyable : des deux côtés de la scène, arrivaient des gens déguisés d'abord en pionniers, puis des jeunes, des danseurs, des types à rollers.

Chaque prestation mélangeait un chanteur, l'orchestre, un DJ électro, parfois un chanteur d'opéra, des supporters de foot du Hapoel Tel Aviv, des jeunes en rollers par dizaines des torches à la main, un déguisement qui clignote : un magnifique bazare à l'image de cette ville.



Et puis d'un coup sur la façade de la mairie le nombre "100" apparait, explosé par des feux d'artifices de toutes les couleurs et qui partent dans tous les sens.

Des chanteurs populaires se succèdent, des groupes de rocks qui interprètent des chansons inédites à la gloire de Tel Aviv et qui font danser tout el monde comme si nous étions en boite de nuit. Et puis sur le côté, des jeunes suspendus en l'air peignent avec leurs corps quelque chose qu'on ne comprend pas sur un espace blanc et lorsqu'ils se retirent on comprnd : ils ont peint "100" de toutes les couleurs.



Je n'arrive pas à trouver les mots pour décrire cette fête !! C'était fabuleux, des effets lumières, sons, un concert, des feux d'artifices, des musiques jouées à la fois par des jeunes qui tapent sur des bidons et par l'orchestre philharmonique : complètement fou !!

A la fin, le DJ lance "personne ne rentre à la maison" ! Et la fête continue. La place Rabin est devenue une boite de nuit géante où les tubes israéliens étaient remixés et où tout le monde dansait.

C’était clairement l’une des plus belles soirées que j’ai passé dans ce pays. J’adore cette ville. La vie est libre, il y a de tout. Chacun y trouve son compte. La vie ne s’arrête jamais. A chaque fois que j’y vais, je respire, je me sens à l’aise.

En fait l’idéal serait d’avoir la promenade de la plage de Tel-Aviv, la mer, le sud de la ville de Jérusalem, avec les habitants de Tel-Aviv.

Ou alors de vivre à Jérusalem de septembre à février, c'est-à-dire pendant l’hiver et les fêtes juives du nouvel an (parce que c’est magnifique à voir) et ensuite de partir à Tel-Aviv dès l’arrivée des beaux jours pour faire la fête.

Joyeux anniversaire Tel-Aviv.

Une soirée en Palestine

Un jour au cours d'hébreu, Ihab (un ami arabe chrétien) me dit « jeudi, tu viens avec moi à Bethlehem, je vais te faire connaitre le meilleur resto que tu n’as jamais vu ».

J'avoue peu hésité. Et puis rapidement je me suis rendu compte que je préfère de loin passer du temps avec Ihab qu’avec d'autre parce que, je le sens, comment dire, « + d’ici » qu’eux…

Ça faisait longtemps que je voulais aller voir les territoires palestiniens et y aller en sa compagnie (il vient de Bethlehem) c’était l’idéal.

Première surprise en y allant : j’habite à environ 15 minutes des territoires palestiniens. Je ne l’avais jamais réalisé.

On passe d’abord un ckeckpoint, ouvert ce jour sans contrôle. Ihab fait le guide touristique, me montre les villages arabes, ceux israéliens, me dit « ici il y avait un barrage, ils l’ont retiré il n’y a pas longtemps ». Quand on entre dans les premières localités palestiniennes, le changement se voit : les plaques des voitures ne sont pas les mêmes et tout est écrit en arabe (y compris les magasins). Et puis surtout, on passe devant une municipalité et je vois sur le fronton, un drapeau palestinien accroché. C’est peut-être stupide, mais je n’avais jamais vu un bâtiment officiel avec un drapeau palestinien de toute ma vie !

Ihab défait sa ceinture, sans me demander mon avis retire la mienne et accélère toujours la musique à fond : « it’s ok ! there is no policeman here ! ».

Il m’explique qu’il connait plein de monde, il me montre des magasins, l’endroit où vit son ex, fait le plein d’essence, puis on quitte le village arabe de Beit Jala pour aller à Bethlehem. Puis on arrive donc dans ce fameux restaurant.

Très classe à l’intérieur (je veux dire, grave classe quand on voit dehors comment c’est pauvre). Musique (la même que dans la voiture) à fond. Je le laisse commander. Il me présente à ses amis qui tiennent le lieu. Un peu plus tard dans la soirée il m’a dit qu’il m’avait présenté comme « un ami français juif du cours d’hébreu ».

Les mecs très sympas, me proposent à boire, m’invitent à venir aux prochaines soirées. L’un d’entre me dit que sa copine étudie en France, à la Sorbonne. En attendant que le repas arrive, ils nous servent des grands verres de vodka redbull accompagnés de crudités.

Le repas est délicieux en effet. Le ventre plein, la tête qui tourne à cause d’un seul verre de vodka (hé oui…) on parle de tout et de rien. Il m’explique, que les gens adorent venir ici parce que « they don’t care about the situation, they don’t care if you’re jewish, muslim ». Il me dit qu’il faut que je revienne l’été, qu’ici ça ne coûte pas cher.

Et puis quand même, la « situation » intervient dans le repas. Il me dit « Israël a tué 10.000 personnes pendant la dernière guerre », j’ai envie de lui répondre qu’il n’y en n’avait même pas mille mais ça reste beaucoup, alors je dis rien.

Sur le chemin du retour il continue de me faire le tourisme, on s’arrête par la tayelet d’armon anatziv d’où on peut voir tout Jérusalem de nuit.

Définitivement je ne regrette pas d’y être allé. Et très probablement j’y retournerai si l’occasion se présente.

PS : Le débat sur l'utilisation du mot "Palestine" est stupide, tout le monde sait qu'un jour cette partie de terre sera sous contrôle de l'Etat palestinien.

lundi 16 mars 2009

Guilad attendra encore un jour...

Guilad Shalit est le dernier otage français. Âgé de 22 ans, il a été kidnappé en juin 2006 sur le territoire israélien par un commando du Hamas.
Depuis à présent 996 jours, sa famille se bat pour obtenir la libération.

Voici un article que j'ai rédigé aujourd'hui pour Guysen et qui illustre la situation actuelle : une semaine où tout peut arriver.

http://www.guysen.com/articles.php?sid=9416

Guilad Shalit attendra un jour de plus

La tension a atteint un paroxysme sur le dossier Shalit. Dimanche 15 mars, Ehoud Olmert a lancé un ultimatum de 24 heures au Hamas avant un vote du Cabinet. Alors que les médias sur le qui-vive, se tenaient à l’affut de la moindre information, les islamistes du Hamas ne paraissaient quand à eux guère impressionnés par les menaces du Premier ministre israélien sortant.

Et tandis que tout le monde attendait le retour d’Egypte de Ofer Dekel et Youval Diskin (les négociateurs israéliens), un délai d’un jour supplémentaire dans les négociations a finalement été décidé reportant ainsi le vote au 17 mars. Preuve qu’un accord est plus proche que jamais … ou que les discussions s’enlisent ?

Quoi qu’il en soit, la décision de reporter le vote du Cabinet a fortement déçu la famille du soldat franco-israélien qui a avoué que l’attente était « nerveusement épuisante ». Cela fera bientôt 1000 jours qu’Aviva et Noam Shalit attendent le retour de leur fils, et le couple est plus mobilisé que jamais.

Depuis le 8 mars, la famille Shalit a planté une tente de protestation devant le domicile d’Ehoud Olmert afin d’accentuer la pression sur le gouvernement avant qu’il ne quitte le pouvoir. Si pour le Premier ministre une telle initiative ne fait que monter les enchères, les comités de soutien à Guilad ont bien conscience de l’urgence : seul E. Olmert peut signer un échange de prisonnier.

Politiquement, il n’a plus rien à perdre. Faire sortir des prisons israéliennes des responsables d’attentats ne lui coutera rien puisque dans tous les cas, il cède sa place dans les prochains jours à Benjamin Netanyahou. En revanche ce dernier ne pourra pas se permettre de commencer son mandat par une telle décision.

C’est donc avec cette échéance en tête que les nombreux soutiens à la famille se sont succédés dans la tente. On peut notamment citer les familles Goldwasser et Reguev dont les enfants ont été kidnappés au Liban en 2006, Aliza Olmert (l’épouse du Premier ministre), plusieurs ministres, le président de l’Etat, la présidente d’une organisation féminine, les proches de Ron Arad et surtout, des centaines d’anonymes, généralement jeunes, venus apporter leur aide.

En permanence, quelque soit l’heure de la journée, Israéliens et touristes continuent de défiler dans la tente, signent des pétition, apportent de la nourriture, achetent un t-shirt à l’effigie du soldat ou sont simplement là, à côté des parents et du frère de Guilad.

Devant la tente, une banderole et le décompte des jours

Devant la tente


L’attente est longue mais les espoirs sont grands.

D’après certaines sources, Israël serait à deux doigts d’un accord. Les discussions sont menées par le patron du Shin Bet (services secrets) Youval Diskin, venu renforcer l'émissaire spécial d'Olmert, le négociateur vétéran Ofer Dekel.

Côté palestinien, le chef de l'aile militaire du Hamas, Ahmed Jabari, participerait même aux discussions au Caire et ce, alors qu’il n’a pas quitté Gaza depuis très longtemps.
Il est responsable de la captivité de Guilad Shalit dans un lieu tenu secret et de la liste des détenus dont son mouvement exige la libération dans le cadre de l'échange avec Israël.

A en croire le journal koweïtien Al Jerida qui se fonde sur « des sources bien informées », l'accord de principe entre Israël et le Hamas pour la libération de Guilad Shalit serait conclu n’attendant plus que l'approbation du gouvernement israélien après avoir été approuvé par le bureau politique du Hamas.

Les points d'achoppement seraient le mécanisme de libération des détenus palestiniens et le lieu où ces détenus seront envoyés après leur libération.

Israël serait prêt en effet à accéder à la demande du Hamas de libérer au moins 450 terroristes palestiniens, dont certains sont directement responsables de l'assassinat de civils israéliens.

Si le ministre des Affaires sociales a affirmé qu’Israël avait une ligne rouge à ne pas franchir dans les concessions, les récents développements ont fait dire au porte-parole de la branche armée du Hamas que « l'acceptation des conditions posées atteste de l'échec d'Israël ».

En parallèle, l'entourage du Premier ministre Ehoud Olmert a tenu à modérer les attentes en expliquant qu’il n’y a que peu d'espoirs de voir aboutir les négociations dans les prochains jours.

Dans ce contexte il est donc très difficile de séparer le vrai du faux et quasiment impossible de savoir ce qui relève d’une guerre psychologico-médiatique.


Soutenir la cause à sa manière !
Sur le T-shirt "Guilad est encore en vie"
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Voir aussi cette touchante vidéo réalisée par Elie Chouraqui : "je suis Guilad"

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